En France et en Europe, les matériaux de construction de type bardage ou isolant doivent présenter un classement au feu conforme à la réglementation incendie. Cela nécessite d’apporter des traitements par ignifugation, une technique qui a pour but de retarder, au mieux de stopper la propagation des flammes. Mais dans un contexte où les normes évoluent (avec notamment le règlement REACH de l’Union européenne), trouver de nouvelles solutions écologiques et biosourcées est devenu un enjeu prioritaire.

Un premier projet de recherche est ainsi né il y a 3 ans pour développer une formulation biosourcée de traitement ignifuge pour des matériaux isolants en fibres de bois. Porté par l’Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement (FCBA) en partenariat avec l’Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l’environnement et les matériaux IPREM (UPPA, CNRS), ce projet a fait l’objet d’un co-dépôt de brevet. Au vu des résultats particulièrement prometteurs, le projet soutenu par la région Nouvelle Aquitaine s’est poursuivi pour donner naissance au projet VALIGNIBOIS. Il fait l’objet d’une co-maturation financée par FCBA et Aquitaine Science Transfert. L’objectif ? Adapter la formulation à des matériaux plus denses, comme le bois massif ou des panneaux à base de bois. L’idée est de répondre aux problématiques de la filière pour améliorer le profil environnemental et sanitaire des matériaux d’isolation, mais aussi des éléments de construction et de décoration constituant notre environnement intérieur. Des entreprises régionales et des grands groupes ont déjà manifesté un vif intérêt pour accompagner le développement du produit avant une commercialisation.

« Nos compétences en bio-mimétisme développées au sein de l’IPREM nous ont permis de mettre au point une formulation inspirée de la nature. Nous travaillons sur l’évolution de la formulation biosourcée et le FCBA, partenaire essentiel de l’IPREM, travaille quant à lui sur la formulation, le process et l’évaluation de l’efficacité en réaction au feu. Le projet VALIGNIBOIS suscite un vif intérêt de la part de PME régionales, ainsi que de grands groupes. Il faut voir maintenant comment interagir avec eux pour transférer au mieux cette innovation et commercialiser le produit LIGNOFLAM®. La valorisation des résultats est un véritable gage de succès de la recherche publique. C’est important de montrer que l’on sait déposer des brevets, que l’on est capable de répondre aux problématiques des industriels et de s’adapter à l’évolution de nos sociétés tout en adoptant un comportement durable et responsable », précise Laurent Billon, Professeur des Universités, Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA).

« Un enjeu fort a été identifié pour proposer aux industriels des solutions de substitutions de produits ignifuges et de nouveaux usages de matériaux. C’est pourquoi FCBA et le laboratoire IPREM se sont associés pour mener dès 2014 un projet de recherche de ressourcement. L’objectif fixé était l’élaboration de solutions originales biosourcées pour l’ignifugation de fibres. A l’issue du premier programme, deux programmes de co-maturation financés par la SATT, la Région Nouvelle Aquitaine et FCBA, visent à évaluer le produit sur les panneaux à base de bois massif et de bois reconstitué pour des usages intérieurs », indique Gilles Labat, responsable recherche chimie et matériaux biosourcés (FCBA).

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(image : shutterstock)