La problématique clinique de la transplantation réside dans le fait de transférer chez le receveur un organe étranger en maîtrisant chez ce dernier la réaction de défense de son système immunitaire. A l’origine de cette réaction se trouvent des molécules formant une signature propre à chaque individu, les antigènes HLA. Lors d’une greffe, l’organe transplanté présente des molécules HLA différentes de celles du receveur, ce qui va ainsi déclencher chez le patient transplanté une forte réponse de son système immunitaire. Si le développement de médicaments immunosuppresseurs permet aujourd’hui de contrôler efficacement les risques de rejets aigus à court terme, ils n’ont pas permis d’améliorer la survie à long terme, en particulier parce que les patients développent des anticorps anti-HLA malgré l’immunosuppression.

Après 3 ans de recherche, des chercheurs des laboratoires Immuno ConcEpT (université de Bordeaux, CNRS, CHU de Bordeaux) et ARNA (université de Bordeaux, Inserm, CNRS) ont allié leurs compétences pour développer un outil pour le suivi du statut immunologique des patients transplantés. Utilisé en pratique clinique, la technologie Quanti-HLAb est un outil de diagnostic in vitro qui permettra à partir d’un échantillon sanguin, l’analyse de paramètres biologiques jugés pertinents, à savoir la concentration et l’affinité des anticorps anti-HLA, jusqu’à présent non accessibles avec les techniques actuelles. Son utilisation dans le parcours de soin des patients transplantés servirait ainsi à déterminer les patients les plus à risque de rejeter leur greffon.

Grâce aux financements de la SATT, un kit performant et validé sur de petites cohortes cliniques va pouvoir être développé et présenté au futur licencié. L’enjeu du projet va être la capacité des industriels et des praticiens à intégrer ce nouveau test dans le parcours de soin des patients transplantés. « D’un point de vue clinique, c’est très intéressant car ce kit pourrait nous permettre de mieux comprendre les phénomènes de rejet chez les patients transplantés et nous espérons ainsi améliorer leur prise en charge. Notre invention peut également avoir des applications beaucoup plus larges, pour tout ce qui pourrait être dosé dans le sérum ou autres liquides biologiques. C’est un vrai tremplin pour nos recherches et on l’espère pour les patients », précise Jonathan Visentin, Maître de Conférences des Universités – Praticien Hospitalier, porteur du projet.

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(image : shutterstock)