Le vitiligo est une maladie inflammatoire chronique qui se présente sous l’aspect d’une perte progressive de la couleur de la peau. C’est la maladie inflammatoire dépigmentante la plus fréquente avec une prévalence mondiale estimée entre 0,5 et 1%.  Cette dépigmentation est due à une perte des mélanocytes – les cellules synthétisant la mélanine, principal pigment colorant la peau. Cette maladie qui certes n’engage pas le pronostic vital, affecte de façon majeure la qualité de vie des patients avec perte de l’estime de soi, retrait social et dépression. Ce fardeau est parfois comparable à celui observé au cours de maladies chroniques comme les maladies cardio-vasculaires ou le cancer.

Cependant le vitiligo reste à ce jour une pathologie considérée comme « orpheline » de thérapie efficace. En effet, les traitements reposent principalement sur des traitements immuno-modulateurs, comme la corticothérapie locale ou générale, responsables d’effets secondaires avec des résultats souvent insuffisants pour les patients. Il est donc nécessaire d’obtenir et de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant une meilleure prise en charge pour les patients.

Avec plus de 1000 patients suivis chaque année dont plus de 300 nouveaux cas, le service de Dermatologie du CHU de Bordeaux, centre de référence national des maladies rares de la peau, est reconnu sur le plan international pour la prise en charge, la recherche clinique et translationnelle du vitiligo. Les thématiques principales de recherche de l’équipe Immuno-Dermatologie ATIP-AVENIR de l’unité U1035 – Biothérapies des Maladies Génétiques, Inflammatoires et Cancers (université de Bordeaux, INSERM) dirigée par le Pr Julien Seneschal et le Dr Katia Boniface, portent sur la caractérisation des mécanismes inflammatoires responsables de la dépigmentation survenant au cours du vitiligo, mais également au cours des autres pathologies inflammatoires chroniques de la peau et sur le développement de nouvelles cibles thérapeutiques.

Le projet INDEME porté par le laboratoire, vise ainsi à développer une nouvelle approche thérapeutique pour la prise en charge de la dépigmentation survenant au cours du vitiligo. Protégée par une demande de brevet, cette innovation est soutenue par Aquitaine Science Transfert dans le cadre d’un programme de maturation. Celui-ci va permettre de valider l’intérêt thérapeutique d’une cible identifiée par le laboratoire afin de développer la recherche de molécules thérapeutiques. Grâce aux différents résultats obtenus, l’équipe est parfaitement confiante dans la réussite de ce projet qui pourrait donner lieu au premier traitement efficace contre la dépigmentation associée au vitiligo. De plus, cette nouvelle approche pourrait se révéler efficace contre les dépigmentations survenant au cours de l’évolution d’autres maladies inflammatoires cutanées, telles que le psoriasis ou la dermatite atopique.

> Voir les 5 autres innovations accompagnées par la SATT Aquitaine (communiqué du 19 juin 2018)